L’avocat, ce fruit du démon

Avocat - Assiette

Alors que le tout premier « avocado bar », restaurant uniquement consacré à l’avocat vient d’ouvrir ses portes le 11 Janvier dernier à Paris, intéressons-nous de plus prêt à ce fruit adulé qui provoque pourtant tant de ravages écologiques et sociaux.

L’aliment presque parfait

Surnommé or vert du Mexique ou encore testicule en langue Aztèque, l’avocat a le vent en poupe. Idolâtré par tous, il faut dire que le fruit semble posséder un nombre inégalé de vertus. Riche en fibres, en (bonnes) matières grasses, vitamines ou minéraux, il serait aussi efficace pour les problèmes de vue, la constipation, le cœur, le cholestérol et même les règles douloureuses ! Sous son air de fruit divin, l’avocat cache pourtant un terrible dessein.

Un enjeu économique fulgurant

L’Amérique du Sud est le plus grand exportateur d’Avocat. Michoacán à l’ouest de Mexico, concentre à elle seule un tiers de la production mondiale. Devenu plus cher que certains métaux, le fruit valait  en Juillet 2016 entre 60 et 80 pesos le kilo. Or, le salaire quotidien au Mexique est de 80 Pesos, ce qui a compliqué la vie de pas mal de Mexicains, le pays émettant à présent l’idée d’importer de l’avocat. La France n’y est pas pour rien : l’achat d’avocats des ménages français a progressé de 8 % en 2016 et l’hexagone se voit être le second importateur mondial d’avocat mexicain derrière les États-Unis.

1,6 million de tonnes

C’est la quantité d’avocats que le Mexique a produite en 2015, une hausse de 6,6 % en un an. En 30 ans, les plantations sont passées de 31 000 à 118 000 hectares.

Un environnement dévasté

Face à la monté de la « fièvre verte » de l’avocat, divers problèmes sanitaires et écologiques ont émergé. Les cultivateurs ne lésinent pas sur l’emploi de pesticides organophosphorés (connus pour être très toxiques) pour calibrer les avocats « selon la norme occidentale » plus gros que ceux poussant nativement.

La manne financière générée par l’avocat attire jusqu’aux cartels de la drogue qui n’hésitent pas à attaquer ou vandaliser les cultures de paysans locaux. Selon une étude de la Commission nationale des forêts (Conafor), des incendies en série ont détruit, en 2009, 12 500 hectares de bois dans la région « Un an plus tard, la superficie des cultures d’avocats gagnait 8 000 hectares supplémentaires ».  Le gouvernement tente donc d’empêcher la modification illégale des sols forestiers par des programmes de développement économique et le renforcement de la surveillance du territoire.

C’était le 1er volet de ma vaste enquête sur le carnage de la nourriture des bobo. On se retrouve la semaine prochaine pour un épisode sur le Quinoa