France : Le gaspillage alimentaire, la face cachée de l’iceberg

10 millions de tonnes de nourriture consommables finissent dans nos poubelles chaque année. C’est bien évidemment trop pour un pays comme la France, 7 éme puissance économique mondiale s’employant à de nombreuses mesures écologiques. 

Des chiffres scandaleux et des coupables à toutes les niveaux

Récemment remis au devant de la scène par l’émission Capital de la chaîne M6, le gaspillage alimentaire est un problème économique et social majeur de notre pays. Chaque année, 16 milliards d’euros sont détruits en même temps que ces 10 millions de tonnes de nourriture.

Plusieurs facteurs entraînent cette destruction massive selon le centre de recherche et d’information nutritionnelles (Cerin): une mauvaise gestion du réfrigérateur, une mauvaise interprétation des dates de consommation, des achats en trop grande quantité favorisés par les promotions, le manque de temps et d’idées pour cuisiner les restes

L’évolution de la société influe sur notre mode de consommation et nos repas. Nous sommes globalement plus pressés et moins attentifs, ce qui nous conduit à gaspiller davantage.

Notre perception des aliments ainsi que nos critères de sélection nous conduisent bien souvent à écarter des produits pourtant excellents

Autre problème, beaucoup de consommateurs confondent date limite de consommation (DLC) et date limite d’utilisation optimale (DLUO) ce qui peut conduire à jeter certains aliments encore consommables.

Pour rappel, voici une infographie du ministère de l’agriculture concernant les différences entre DLC et DLUO

antigaspi_maa_infographie_dlc-ddm

Enfin,le gaspillage en restauration,  lorsque les produits proposés ne correspondent pas aux goûts et aux besoins des clients.

Si 33% de cette nourriture est gâchée par les consommateurs finaux, 32 % le sont par des producteurs. En effet, certains aliments ( surtout les fruits et légumes) jugés non calibrés sont jetés alors qu’ils sont tout à fait consommables.

Intermarché à lancé en 2014 une campagne de communication pour mettre fin aux préjugés et relancer la consommation des fruits et légumes « moches ». Un suite de vidéo très courtes venait présenter des aliments aux formes atypiques mais tout aussi savoureux que les « beaux ».

Dans les usines, le taux de perte est également important. La transformation des aliments génère une perte de 21% des aliments. Une des raisons de cette perte réside dans la confection de plat préparés dont les consommateurs sont friands.

Enfin, lors de la distribution, on perd environ 14% d’aliments. On note entre autre les produits jetés à cause d’une chaîne du froid rompue ou bien d’une date limite de consommation dépassée arrivant à son terme.

Tous ces  chiffres sont résumés sur cette infographie

Mais qu’il y a t’il vraiment à l’intérieur de nos poubelles ? 

De produits encore consommables à de simples restes, le contenu de nos poubelle témoigne de notre surproduction et surconsommation.

En moyenne, un français jette par an l’équivalent de 29 kg de nourriture, soit 108 € de marchandises, ce qui correspond à 1 repas par semaine.

Parmi ces 29 kg,  7kg sont des produits encore emballés.

 

Des mesures adoptées par l’état

En 2013 : Le pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire est signé entre l’Etat et les industriels. Il prévoyait 11 mesures pour diminuer de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2025. Parmi elles :

  • Une journée nationale de lutte contre le gaspillage, d’un prix « anti-gaspi » des pratiques vertueuses et d’une labellisation de ces pratiques
  • La mesure de la lutte contre le gaspillage alimentaire dans la Responsabilité Sociale des Entreprises.
  • Une campagne de communication sur la lutte contre le gaspillage.

Ce pacte est disponible en téléchargement ici

678-288-bis_cle453d31

En 2016 : la loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire met en place deux initiatives principales qui sont :

  • L’obligation pour les entreprises de plus de 400m2 de faire dons d’invendus consommables a des associations
  • L’interdiction de rendre impropres à la consommation des denrées encore consommables

Enfin le 02 octobre 2018, l’adoption d’un article de projet de loi agriculture et alimentation renforce encore un peu plus la lutte « anti gaspi ». Désormais, la restauration collective et l’industrie agroalimentaire sont également contraints de mettre à disposition leurs invendus au don alimentaire.

Tout récemment, Brune Poirson, secrétaire d’État à la Transition écologique et Solidaire a indiqué que les entreprises devront se débrouiller et trouver des solutions, comme le don à des associations” sous peine d’être soumises à des sanctions financières ou pénales.

Brune Poirson a notamment retwetté ceci suite à son passage dans l’émission Capital du 13 janvier 2019:

Agir dans cette lutte contre le gaspillage

Face à ce fléau du gaspillage, chacun de nous peut agir à sa manière.

Il est conseillé de ranger son réfrigérateur afin de ne pas oublier des produits au fond de celui ci. Doser les quantités grâce à un verre doseur permet également de réduire les restes et permet des économies pour la planète et le porte monnaie en même temps.

Enfin ne pas hésiter à recycler les produits « moches » grâce à des soupes, tartes ou autre préparations.

Une infographie disponible ici vous rappelle ces petits gestes.

Une application au service de la planète 

Too good to go. Voila le nom de cette start up parisienne française crée en juin 2016 par Lucie Basch

Cette Captureapplication lutte contre le gaspillage alimentaire en mettant en relation des commerçants proposant des invendus du jour à des prix très réduits et des consommateurs.

Ces derniers profitent de paniers surprises contenant des produits encore consommables même le lendemain à un tarif plus qu’abordable.

Tout récemment, Too good to go ainsi que certaines associations proposent une série de préconisations dans la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Parmi elles, la proposition portée par l’application ainsi que par France Nature Environnement de rajouter une mention  » à consommer avant/ et aussi après » devant la traditionnelle date de péremption.

Cette proposition est à destination de gâteaux secs et du café, produits dits moins sensibles mais est vouée à s’étendre au reste de l’alimentation.

Interrogée au micro de RMC le 12 février 2019, Lucie Basch à indiqué « un manque de clarification, d’une marque à l’autre, la même tranche de jambon aura deux dates de péremption différentes »