Le mythe du vampire revenant à travers les âges

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Le vampire est l’une des créatures présentent dans plusieurs pays et cultures. Il effraie, il séduit, il intrigue mais il ne laisse personne indifférent. (Re) découvrons les aléas du mythe de cette créature de la nuit, qui s’est adapté à son temps et sur tous les supports.

L’origine du mot “vampire” est souvent discutée mais une majorité s’accorde à penser qu’il remonte aux langue slave. Le mot pourrait venir du mot lituanien “wempti” qui signifie “boire” ou bien d’un mélange entre “uber” (“sorcière” en turc) et “pirati” (“souffler” en serbo-croate).
C’est avec le temps que ces différentes racines auraient donné les mots “upior” en polonais, “upir” en biélorusse, russe et ukrainien et “vampir” en serbo-croate, donnant “vampir” en allemand et “vampyre” en français.

Le mot “vampire” serait quant à lui arrivé dans la langue anglaise en 1732 par deux publications : un rapport officiel établi sur l’affaire Arnold Paole de Medvegja en Serbie (un cas célèbre de vampirisme qui a défrayé la chronique à l’époque) ainsi qu’un article nommé “Political Vampires” dans le journal mensuel britannique The Gentleman’s Magazine.

Mais qu’est-ce qu’un vampire ?

La description du vampire évolue d’un pays à l’autre et selon les époques. Un vampire est à la toute base un être humain revenu à la vie après sa mort, un mort-vivant, qui sort de sa tombe la nuit afin d’aller sucer le sang des vivants. Il n’est pas forcément sensible au Soleil.

Le vampire serait le résultat d’un grand nombre d’êtres et de créatures surnaturels issus de divers folklores. Il est un “revenant en corps”, c’est-à-dire qu’il est bien matériel, touchable, à la différence des fantômes et des esprits.

L’image du vampire est souvent associée à une personne étrangère à la physionomie ou au profil étrange (denture en fer, incapacité de compter au-delà de trois, ancien métier exercé suspect, …). On retrouve des expressions slaves qui attestent de cette stigmatisation des étrangers à l’allure suspecte : “rouge comme un vampire”, “gros comme un vampire”…

 

 

La simultanéité entre l’émergence du vampirisme et la fin de la chasse aux sorcières donne aux vampires le rôle de boucs émissaires à la fin du XVIIe siècle. On ne parle de vampire qu’en cas de phénomènes étranges inexplicables, généralement une succession de décès suspects ou en cas d’épidémie. Il est donc d’usage de retrouver le coupable. Si on n’avait pas de suspect prédéterminé, on recherchait la tombe des potentiels suspects.

Il existe pour cela de nombreux rituels, dont un consiste à conduire dans un cimetière un jeune enfant vierge qui est assis sur un cheval vierge également de couleur noire ou blanche selon le pays. Si le cheval émet un changement d’attitude à l’approche d’une tombe ou refuse de passer dessus, il y a de grandes chances que la personne dans cette tombe soit désignée comme le coupable. Le moyen de vérifier consiste à ouvrir la tombe et de voir l’état du cadavre. Si le corps est souple et possède une apparence plus saine que prévue, un visage rougeâtre ou des yeux ouverts ou mi-clos, il s’agit du potentiel vampire recherché.

Il est donc d’usage de le décapiter, et de le brûler afin de l’empêcher de faire d’autres victimes. Il est possible également lui planter des clous dans la tête, le corps ou les vêtements et/ou de le percer d’un pieu afin de l’empêcher de se lever. Une autre technique consiste à mettre une pierre dans sa bouche pour que le vampire ne puisse plus sucer de sang.

Crâne d'un présumé vampire avec une brique dans la bouche afin de l'empêcher de sucer le sang de ses victimes. Photo : France24
Crâne d’un présumé vampire avec une brique dans la bouche afin de l’empêcher de sucer le sang de ses victimes. Photo : France24

Le vampirisme est vu comme contagieux, et donc transmissible soit en étant une victime d’un ancien vampire, soit comme une maladie et notamment par l’odeur de putréfaction. L’ail étant une protection contre les esprits et autres revenants à l’époque, il est naturellement utilisée contre les vampires. D’autres formes de protections existent, comme les branches d’aubépine, de rosier sauvage, de verveine ou bien asperger le sol de sa maison de moutarde. L’utilisation d’objets sacrés tels que l’eau bénite, les hosties, le crucifix ou le rosaire pour repousser les vampires est beaucoup plus récente avec l’arrivée et la montée en puissance du christianisme en Europe.

L’évolution du mythe

Vous l’aurez compris. Le vampire effraie les populations, provoquant jusqu’à l’hystérie et la paranoïa des hommes avec des affaires prises très au sérieux de cas de vampire.

Le concept du vampire commence petit à petit à intégrer les écrits, fixant les traditions orales par écrit, et à se propager le depuis le XVIIIe siècle en Europe centrale et occidentale. On commence à retrouver le mythe dans la littérature, en commençant par Der Vampyr écrit par Heinrich Augustin von Ossenfelder en 1748.

Le mythe est agrémenté de détails avec les différents auteurs du XIXe siècle et les films, qui s’inscrivent dans l’esprit des personnes et faisant du vampire une des créatures les plus visitées dans la littérature et le cinéma. Il est passé de personne lambda qui revient à sa mort hanter les vivants la nuit pour sucer leur sang à un aristocrate solitaire tourmenté entre bestialité et humanité avant de devenir une créature aussi bien charismatique, romantique et sensuel que dangereuse.