Nutella : la pâte à tartiner qui remplit nos assiettes mais déforeste la planète.

Nutella, une gourmandise très prisée par les Français pour son goût inimitable et savoureux. Présente dans trois quarts des foyers, elle est devenu un produit incontournable pour le petit déjeuner et le goûter. Actuellement accusée dans une affaire de déforestation massive, l’huile de palme est dans le viseur de toutes les ONG. Manque de « pot » pour Nutella : c’est un ingrédient principal dans la recette de la pâte à tartiner.

Tartine de Nutella, CC0
Tartine de Nutella, CC0

Étant consommé par les enfants mais aussi leurs parents : la France est le premier pays consommateur de Nutella (soit 26 % de la consommation mondiale). Avec près de 80 000 tonnes de pâtes à tartiner chaque année, les Français consomment près d’un million de pots chaque jour. Cependant, le produit est actuellement dans une controverse écologique à l’échelle mondiale. Pour mieux comprendre l’origine de cette pâte à tartiner, faisons un bond dans le passé :

Un score nutritionnel très pauvre

Noisette, cacao mais surtout huile de palme et sucre : sans surprise, Nutella est loin d’être bon pour la santé. Plusieurs diététiciens sonnent l’alarme sur ce produit, qui est consommé par les enfants de plus en plus tôt. En 2017, le géant italien a été sous le feu des projecteurs pour avoir modifié la recette sans en avertir ses consommateurs. La teneur en sucre déjà très présente fut augmentée de 55,9 % à 56,3 %. Une absence de transparence de la part du fabricant italien d’autant plus inquiétante par le manque d’information sur l’étiquette du produit. En effet, le sucre et l’huile de palme contenu dans la recette ne sont mentionnés qu’à titre de présence, sans précision sur leur quantité.

D’après une étude réalisée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) en janvier 2017 révélait que l’huile de palme était  potentiellement cancérigène. Contenant 45 % d’acides gras saturés, cette huile augmente le risque de maladies cardiovasculaires.

                                     

Pourtant lorsqu’on s’intéresse de près à sa composition on se rend compte que les noisettes (censé être l’ingrédient principal de la recette) sont bien loin d’être en tête : avec seulement 14% et 8% de cacao, le Nutella est avant tout composé de 55% de sucre et 23% d’huile de palme (soit 78% de la composition totale). Des chiffres alarmant pour la santé mais surtout pour la planète sachant que l’huile de palme est très dangereuse par sa production.

Huile de palme, un danger pour l’écologie

Utilisée comme conservateur à la place du beurre, cette huile issue du palmier est très économique et facile à produire. Élément essentiel du Nutella : 180 000 tonnes d’huile sont utilisés chaque année pour sa production. Cependant, elle est très grasse et demande beaucoup d’espace pour sa croissance, Nutella  serait responsable en partie de la déforestation en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine.

Déforestation brutale de Bornéo, source Econologie
Déforestation brutale de Bornéo, source Econologie

D’après Greenpeace, la production d’huile de palme a ravagé plusieurs forêts en Indonésie et Malaisie. Bornéo est l’exemple le plus impactant pour montrer la vitesse de cette déforestation. Étant une forêt tropicale humide, elle posséder la plus importante biodiversité. Étant l’une des plus grandes régions de forêt tropicale humide d’Asie : elle constituait une des plus vaste collections d’animaux ou de végétaux.

Il y a 9 ans, Nutella s’était engagé à devenir eco-responsable dans sa chaîne de production. Il était donc question entre autres de ne plus se fournir auprès de producteurs contribuant à la déforestation massive. Cependant, encore aujourd’hui elle garde le voile sur ses fournisseurs d’huile de palme et refuse tout signe de transparence.

La biodiversité au cœur des préoccupations

Actuellement le marché de l’huile de palme est tranché entre des fournisseurs peu scrupuleux envers l’environnement, des grandes industries agroalimentaires opaques sur leurs sources d’approvisionnements et des animaux en danger d’extinction imminente.

Espèce en voie d’extinction imminente. Source nopalm.org
Espèce en voie d’extinction imminente. Source nopalm.org

Chaque jour, 25 orangs-outans meurent en étant victime de la déforestation. Un chiffre perturbant sachant que leur habitat est détruit pour la production d’huile de palme. Plus qu’une question économique, c’est avant tout l’éthique de ce marché qui est remis en cause. Aujourd’hui, c’est plus de 5 espèces qui sont en danger à cause de l’Homme.

 

À l’occasion de la journée internationale des orang-outans ayant eu lieu ce 19 août, plusieurs ONG ont put sensibiliser les consommateurs sur cette espèce en danger. L’occasion pour Greenpeace de relancer le débat sur ce massacre qui reste impuni à l’heure actuelle.

La déforestation, un sujet sensible qui a fait le tour de la toile et suscitée de nombreuses réactions de la part des internautes mais surtout des influenceurs. Le Grand JD, célèbre youtubeur suisse à partager son ressenti au cours d’une expédition à Bornéo. La vidéo a été visionnée 1,8 million de fois, l’occasion de sensibiliser directement la jeune cible de consommateur.

Le constat est sans appel : la progression de la déforestation n’a connu aucun ralentissement pendant ces dernières années. D’après une étude réalisée par Greenpeace : « 24 millions d’hectares de forêts ont été détruits en Indonésie entre 1990 et 2015. Sur la période 2013-2015, une surface équivalente à 146 terrains de football a été détruite toutes les heures. »