Raymond Soubie : « Il faut envisager une explosion non maîtrisée des mécontentements »

Sur Europe 1, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy voit poindre la possibilité d’une contestation sociale violente à la suite des mesures sanitaires.

« La situation en zigzag et l’incertitude liée à la pandémie entraînent un vrai risque d’explosion sociale. » Raymond Soubie, ancien conseiller du président Nicolas Sarkozy sur les politiques sociales, a livré une analyse pessimiste de la situation au micro de Sonia Mabrouk, hier sur Europe 1. Il a d’abord retracé les trois temps de la pandémie de Covid-19 en France, avec en premier lieu un printemps qui « a fait chuter l’économie de 30%, ce qui est énorme », avec quelque 650000 emplois détruits selon l’Insee ; puis, un temps de reprise « où la baisse de l’activité a été plus faible qu’attendu » ; et enfin, un dernier trimestre 2020 qui anticipe « une disparition de 350000 emplois ».

« Il faut envisager une explosion non maîtrisée des mécontentements », martèle Raymond Soubie, qui additionne l’incertitude dominante, elle-même un facteur de déstabilisation et donc de conflit, mais aussi le traumatisme vécu par des milliers de petits commerçants qui pourrait les transformer « en Gilets jaunes puissance mille ». Sans compter les salariés qui craignent de voir leur emploi disparaître et des jeunes arrivant sur un marché du travail sans perspective.

Sans vouloir accabler le gouvernement qui doit s’adapter en permanence, le spécialiste évoque enfin l’hypothèse, à terme, d’une crise des dettes souveraines. « En 2020, la France va émettre une dette équivalente au produit de l’impôt sur le revenu, ça ne pourra pas durer éternellement. » À la crise sanitaire s’ajouteraient donc une crise bancaire et une crise sociale profonde.